Leandro Berra (1956)

Leandro Berra (1956) - Arte Latinoamericano Paris

© G.Garitan

1956, Buenos Aires, Argentine

Plasticien. Son existence est relativement calme jusqu’à l’arrivée de la dictature. Le climat politique délétère et paranoïaque a raison du travail de Berra, il se retrouve poursuivi par la police du régime. Berra part pour Paris en 1978 après avoir réalisé des études de mathématiques. En 1981, il suit des cours de sculpture à l’École nationale des Beaux-Arts, puis s’établit alors comme plasticien. Toutefois, en 1987, il a le temps de réaliser une création en Argentine. Dans le métro de Buenos Aires, il réalise dans sa série des « Sculptures Furtives », une sculpture en bois d’un homme coupé en deux dont les parties sont séparées par la distance. Il réalise une autre série en France, « L’Autre le Même ». Ces sculptures longilignes, représentant des humains en costume morne et gris, se battent, se regardent, s’évitent, se provoquent dans un style cartoonesque inquiétant.

La deuxième partie de son travail est photographique mais avec un « twist » de taille : le portrait-robot. Au retour de la démocratie dans son pays, Berra a ressenti le besoin de rendre un hommage posthume à ses amis « disparus » en réalisant leur portrait, mais il s’est aperçu qu’il ne se souvenait plus d’eux. Sa découverte du logiciel Faces, utilisé par Interpol, le FBI et la CIA, va permettre de mettre un « visage » à ces personnes disparues. Il présente cette impressionnante série aux Rencontres d’Arles en 2005.

Le travail de Berra est à la fois amer, nostalgique et tragique. L’identité est une question fondamentale dans son oeuvre. Une certaine fragilité peut transparaître dans certaines lignes grotesques, un trait sinueux ou un regard un peu trop prononcé. A un côté exagéré se côtoie des questionnements sur l’être et le paraître, sur la reconstitution ou le mensonge.

Entrevue avec Leandro Berra

Poursuivi par la police politique de la dictature militaire argentine, Leandro Berra s’est enfui de Buenos Aires en 1978 pour se réfugier à Paris, où il a entrepris une carrière d’artiste plasticien. Au retour de la démocratie dans son pays, il a ressenti le besoin de rendre un hommage posthume à ses camarades « disparus » en constituant leur portrait, mais il s’est aperçu que la mémoire lui faisait défaut. C’est alors qu’il est entré en contact avec l’Institut national de police scientifique à Paris, qui lui a fait découvrir le logiciel Faces, utilisé notamment par Interpol, le FBI et la CIA.

Peintures

Oeuvres de Leandro Berra

Le poignard, 1992,  bois polychrome, 193 x 131 x 7 cm

Le poignard

1992, bois polychrome, 193 x 131 x 7 cm

L'autre, le même, 1990, panneau de bois et plâtre, 73 x 90.5 x 12.5 cm

L’autre, le même

1990, panneau de bois et plâtre, 73 x 90.5 x 12.5 cm

Le nœud de Moebius, bois polychrome, 70 x 107 cm

Le nœud de Moebius

1990, bois polychrome, 70 x 107 cm

Il y a des hauts et des bas, 1990, bois polychrome, 186 x 112 x 5 cm

Il y a des hauts et des bas

1990, bois polychrome, 186 x 112 x 5 cm

autres informations

Travaux, récompenses & livres

Expositions notables

« En bordure d’une humanité ordinaire »

2016, galerie In Extremis, Strasbourg, France

« Autoportrait-Robots »

2015, Atelier circulaire, Montréal, Québec

Galerie Univer / Colette Colla

2013, Paris, France

Rencontres Internationales d’Arles

2010, Arles, France

« Bamako »

2009, Galerie Claude Samuel, Paris, France

« Autoportrait-Robots »

2008, Université Lumière, Lyon, France

« Autoportraits-Robots » &  « Portraits de famille »

2006, Galerie Claude Samuel, Paris, France

Récompenses

Prix de la Jeune Peinture

1993, Fondation Fortabat, Buenos Aires, Argentine

Prix Fondation Fortabat

1990, Maison de l’Amérique Latine, Paris

Publications

Berra

2002, François Vitrani, Marcelo Percia, Alain Jouffroy, Beatriz Trastoy, Maison de l’Amérique Latine, Paris, France